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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 12:21

I – Emergence de la question de départ

 

I – 1- Mes situations de départ

 

Dès ma première année, je me suis trouvée dans un service de psychiatrie avec une population de psychotiques chroniques et j'ai été interpellé par la situation suivante.

Me J est atteinte de la maladie de Hundtington à un stade très avancé. Cette maladie est une affection neurodégénérative se traduisant par la disparition de neurones cérébraux, d'où une apparition de troubles dans les mouvements et psychiatriques. Dans le refus de soin, elle se montre violente, agressive, criant et tapant notamment lors du bain-douche.

Ce jour là, nous sommes deux ( plus une aide soignante dans le service). C'est la première fois que je participe à ce soin avec elle. 

Me J est mise sur le lit-douche, nous la déshabillons, une tient les membres pendant que l'autre enlève les vêtements. Il faut aller vite. Je la tiens pendant que l'infirmière la lave. J'essaie d'être ferme mais sans lui faire mal. Elle se dérobe, tape ma collègue et manque de tomber. Cette fois-ci, je n'ai pas le choix, il faut qu'on finisse! Je me décide à peser de tout mon poids sur ses jambes.

L'AS vient en recours pour tenir les bras. Nous la rinçons, la rhabillons et nous la rasseyons dans son fauteuil avec ses contentions. Je comprends mieux les ecchymoses aux jambes qui m'avaient interrogées lors de soins précédents et en même temps j'ai peur de lui avoir fait mal.

En plein désarroi, je prends du temps pour en parler avec l'équipe. En effet, en entrant dans les études avec un idéal infirmier, de respect de la personne et d'accompagnement, je me trouve là confrontée à une situation totalement opposé à mes perceptions antérieures. Une AS me dira: " Et tu veux faire comment? Elle nous met en danger en essayant de nous taper, elle manque de tomber et de heurter le radiateur avec la tête. On voudrait tous faire autrement mais y'a pas le choix." Même si ses mots me


rassurent un peu, je me sens interloquée et ressens une certaine gêne car j'ai l'impression d'avoir été dans la maltraitance.

 

Deux ans plus tard, ce ressenti rejaillit dans une situation similaire mais avec un public différent.  C'est mon premier stage de troisième année et je suis dans un service d'accueil de jeunes en institution qui présentent des troubles du comportement envahissants. Les enfants y restent pendant des séjours de trois semaines.

A a 13 ans, une agitation psychomotrice très marquée à l'engagement et au désengagement. Le lundi de la dernière semaine du séjour, il se montre particulièrement agité. Il se tape la tête, insulte les autres patients, se lève sans autorisation, crie... Oralement, je lui rappelle les règles. Au bout de plusieurs fois, j'ai l'impression que ça ne sert à rien, de m'épuiser sans être efficace.  Nous avions instauré un système de croix au tableau avec une punition au bout de trois. Nous lui mettons une deuxième croix .

Toujours agité, nous lui proposons de s'asseoir et de réfléchir à son comportement. Mais il ne peut rester immobile. Très rapidement, il se bagarre avec un jeune. Nous lui demandons de sortir mais il refuse, tapant sur le fauteuil, courrant...

L'infirmière me demande alors de l'aider pour le contenir. Nous lui maintenons les bras derrière le dos et l'emmenons à l'écart. L'infirmière lui parle en même temps sur un ton posé qui évoque l'instant présent , l'attention centrée sur lui. Elle le contient et le stabilise par le regard et la parole. Une détente s'opère et nous relâchons la pression de notre contention physique au fur et à mesure.

Certes, je comprends l'utilité de l'action de contention physique que nous venons de mener mais la violence à laquelle nous avons été amené pour ce geste me gêne et me pose question. N'y a t-il que la contention  physique avec toute la violence qu'elle engendre qui peut répondre à un besoin de cadrage avec en jeune en psychiatrie?

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Published by heike - dans l'infirmier
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commentaires

li-lou 21/05/2010 19:35


Elle déménage et attend son internet !


CALIFE 21/05/2010 15:34


Pas de nouvelles sur ton bloc depuis 15 jours.Tu es en vacances, malade, ou bien as tu trop de travail ????


li-lou 07/05/2010 17:35


Je comprends tes interrogations, ce que tu expliques est intéressant, c'est le décalage entre la théorie et la pratique. La personne se met en danger et peut vous mettre en danger, il ne faut voir
que cet aspect là et c'est difficile. il faut se dire aussi que la conscience n'est plus là, la personne reste humaine mais n'est plus une personne à part entière, helas, il n'y a plus qu'un corps
qui s'agite...C'est très triste, d'être en vie dans ces conditions...personne ne souhaiterait ça même à son pire ennemi !