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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 17:21

II- Cadre conceptuel


 

II – 1- Définition et cadre de départ

 

La contention, pour J. Palazzolo, c'est" utiliser toutes sortes de procédures pour limiter l'autonomie des mouvements corporels du patient."[1]

 

Il existe plusieurs moyens pour contenir une personne :

-         la camisole chimique ou l'utilisation de médicaments tels les sédatifs et autres psychotropes.

-         la chambre d'isolement qui limite les mouvements d'une personne en la restreignant à un espace clos et sécurisé.

-         la contention physique qui se subdivise en deux catégories : la contention physique passive utilisant des moyens comme les bracelets, les ceintures... et la contention "active", au corps à corps entre soignant et patient.

 

En éclairage à mes situations de départ, c'est cette dernière que je désire explorer.

Je vais limiter cette recherche au domaine de la psychiatrie et de la pédopsychiatrie, toujours au regard de mes situations et de mes entretiens, même si je reste consciente que la contention existe dans d'autres services de santé générale du fait que tous sont amenés à traiter des personnes atteintes de troubles psychiatriques.

 

Il existe ainsi trois utilisations de la contention physique ( active ou passive) :

-         la maîtrise de l'agitation et de la violence avec auto et hétéro-agressivité.

-         la prévention de ces dernières quand on retrouve des signes prodromaux (annonciateurs de la crise).


-         la punition qui ne semble pas une bonne indication, surtout quand elle est doublée d'une mise en chambre d'isolement.

 

Il semble important pour comprendre d'aller chercher les racines historiques de cette pratique.

 

 

 

II – 2 - Historique de la contention[2]

 

Dans l'antiquité, on retrouve des concepts de soins très différents. Le premier est celui de Celse, médecin, qui soigne le fou en l'enchaînant, l'affamant, l'isolant dans l'obscurité et en lui administrant des cathartiques. Le deuxième,  à l'opposé, est celui de Soranos qui préconise de lui parler.

Au moyen-âge, la contention sert à protéger le fou de lui-même et se réalise au sein de la famille et de la communauté, sans exclusion.

Le grand-enfermement au XVII e siècle va exclure les malades psychiatriques en leur assignant leur place à l'intérieur de structures fermées les réunissant sous le nom d'Hôpital Général.

Au temps des Lumières, on considère que la contention la plus efficace est la plus douloureuse.

Un premier changement de mentalité va avoir lieu lors de la révolution française avec Pinel et Pussin ( l'un médecin et l'autre infirmier ) qui vont libérer de leurs chaînes les supposés furieux mais pas de leur isolement.. Certains s'inspireront de Pinel pour bannir complètement les contentions comme Connely qui prouve que le no-restreint est thérapeutique.

Le deuxième changement a lieu au lendemain de la seconde guerre mondiale. Les médecins et infirmiers, de retour des camps de concentration prennent conscience de la similitude entre ce qu'ils ont vécu et ce que vivent les malades mentaux dans les asiles. On trouve alors une reconsidération du malade avec la suppression des contentions physiques mais pas chimiques avec la découverte des neuroleptiques.

Depuis 1995, on note une augmentation du recours aux contentions physiques dans les services. Se pose alors la question du changement de programme de 1992 avec la suppression des infirmiers psychiatriques pour des infirmiers polyvalents.

 

On voit donc qu'au fil des siècles et des conceptions de l'Humain, contenir et isoler sont des pratiques en évolution qui reflètent l'état des relations entre soignants et soignés.



[1] PALAZZOLO ( J), 2004, (Mars) "Contention : état des lieux", in Santé mentale ( n°86 ), pp 30-35

[2]  FRIARD ( D), 2002, L'isolement en psychiatrie : séquestration ou soin ?, Masson, p5 à 7

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Published by heike - dans l'infirmier
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